La mutuelle Carac intègre dans ses contrats d’assurance-vie, et ceux de sa filiale patrimoniale Selencia, la société civile (SC) Générations Immo ISR. Une exclusivité gérée par la société Atream.
2025 pourrait bien marquer le renouveau de la pierre-papier dans l’assurance-vie. Après deux années marquées par un fort recul de la collecte sur les SCPI et sociétés civiles immobilières (SCI), les assureurs tendent à réintroduire cette solution dans leurs contrats. Nouveau signe : le lancement de Générations Immo ISR par la Carac, une mutuelle d’épargne forte de trois cent mille adhérents, connue pour son bon fonds en euros (+ de 3 % en 2024), mais décidée à muscler l’offre financière de ses produits.
Label ISRCette nouvelle unité de compte (UC), c’est d’abord une histoire de famille. Sa gestion en revient en effet à Atream, filiale de la Carac depuis septembre 2024. Sa philosophie est ensuite claire, avec un cap mis sur la finance durable. En témoigne le label ISR Immobilier (une déclinaison du label ISR standard, appliqué aux spécificités des fonds immobilier) obtenu par cette SC et sa classification article 8 selon le règlement SFDR. Et comme l’indique Michel Andignac, directeur général de la Carac, « cette UC consacrera au moins 50 % des investissements au pilier social, avec des indicateurs de durabilité sociale, tels que la cohésion et l’intégration, les relations au travail et la lutte contre les inégalités ». Techniquement, cette nouvelle unité de compte a été constituée fin 2024 sous la forme d’une SC à capital variable. Et son objet est le financement d’activités de cohésion sociale, contribuant au développement des territoires, d’où un portefeuille constitué d’actifs liés aux seniors (résidences gérées), à la santé non médicalisée, à l’éducation ou encore au tourisme dit social et solidaire. Son pilotage en revient donc à Atream, société créée en 2008, spécialiste de la gestion d’actifs et de fonds immobiliers (OPCI, SCPI, FIA).6 % visésCôté chiffres, la Carac vise une performance cible d’au moins 6 %, correspondant au « taux de croissance annualisé moyen de la valeur liquidative ». Une performance qui s’entend nette de frais de l’UC (qui comprend 0,83 % de frais de gestion et 0,95 % de frais de transaction annuels), mais hors frais de gestion des enveloppes l’intégrant (assurance-vie ou PER) et avant fiscalité. Et qui n’est valable que dans des conditions de marché similaires à aujourd’hui. Le risque de l’UC sur l’échelle SRI est de 4 sur 7. La durée de placement recommandée est de huit années. Pour atteindre cette performance, le fonds comporte une allocation majoritairement immobilière (70 % minimum de l’actif net), mais aussi des investissements en murs et fonds de commerce (jusqu’à 20 % de l’actif net) pour « chercher à capter la création de valeur ». Des liquidités sont disponibles (10 % max) pour « optimiser la gestion ». Point clé : la Carac investira « ses propres fonds pour garantir un alignement d’intérêts avec les souscripteurs ». Dans les faits, une première acquisition a été réalisée en décembre dernier, celle d’un village vacances exploité par un « acteur de référence sous un bail long terme de huit ans ».
Une diffusion exclusiveCommercialement, cette UC sera diffusée au sein du seul groupe Carac. D’une part, via le réseau propre de la Carac donc, qui comprend trente-six agences et quatorze points conseil, avec une inclusion dans la principale assurance-vie de la mutuelle, Carac Epargne Patrimoine, et dans son PER. D’autre part, via Selencia, ex-Ageas France acquis par la Carac à l’automne 2023, dont le mode de distribution est intermédié auprès des CGP. La SC Générations Immo ISR est donc intégrée dans les assurances vie Privilège Gestion Active (PGA), myPGA, et PGA Capitalisation (et prochainement dans le PER de Selencia).
Zoom sur le marché des SCSelon l’Aspim (Association française des sociétés de placement immobilier), on comptait, au dernier trimestre 2024, un total de cinquante-deux unités de compte sous forme de société civile dans les contrats d’assurance-vie, pour un total de vingt-sept sociétés de gestion. L’actif net géré s’élevait à 21,37 milliards, en baisse de 2,3 % sur l’année. Les souscriptions nettes pour 2024 ont été en recul de près d’un milliard d’euros (937 millions précisément). En regard, la collecte avait été négative de 603 millions en 2023, après avoir brillé les années précédentes, avec notamment +5,8 milliards en 2022 ! Les plus grosses sociétés de gestion sur ce type d’UC sont Praemia REIM (6,1 milliards gérés), OFI Invest Real Estate (3,2 milliards), AEW (2 milliards), La Française REM (1,6 milliard), Arkea REIM (1,3 milliard) et Allianz Immovalor (1,1 milliard). Reste la performance. En 2024, cette dernière pondérée de l’actif net ressort à -4,7 %. Sur le marché, c’est le grand écart selon les SC, de +9,87 % (Nao Logistics, de Telamon) à -22,32 % (LF Multimmo, de La Française REM).