Le capital-investissement : une solution pour financer sa retraite ?

11/09/2025 - source : Profession CGP

NextStage AM et Spirica ont publié leur second baromètre sur les attentes des épargnants français en matière de placement dans le capital-investissement. Les résultats de cette nouvelle édition démontrent qu’une majorité d’épargnants voient dans le capital-investissement une solution adaptée pour leur épargne longue au moment où le financement de la retraite émerge plus que jamais comme préoccupation majeure, particulièrement pour les jeunes générations. 

Les lois Croissance (2015) et Pacte (2019) ont introduit les premières étapes vers une démocratisation du capital-investissement permettant aux épargnants individuels, en particulier à travers l’assurance-vie et les PER, d’accéder à cette classe d’actifs jusqu’alors réservée aux grands investisseurs institutionnels. Avec la loi industrie verte, entrée en vigueur le 25 octobre 2024, la France a franchi une nouvelle étape dans l’utilisation de l’épargne privée pour financer les transitions de nos entreprises, notamment la transition écologique. Cette loi a introduit des mesures concrètes pour rediriger une partie de l’épargne française, évaluée à plus de 6 000 milliards d’euros vers des investissements à long terme au bénéfice des petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) non cotées.

 

Financement de la retraite : une préoccupation centrale et transgénérationnelle

Confrontés aux incertitudes de la soutenabilité du régime actuel de retraite par répartition, les Français revoient leurs priorités en matière d’épargne. La retraite devient en effet la priorité principale des épargnants, même si ses contours évoluent selon l’âge, 80% des personnes interrogées estimant que la conjoncture actuelle les incite à se constituer une épargne en vue de la retraite.

53% des épargnants placent le financement de la retraite comme priorité pour leur épargne longue (64% pour les épargnants en activité) devant la transmission aux enfants et petits-enfants (44%) et le financement de la dépendance (41%).

La conjoncture booste l’engagement des jeunes. Le financement de la retraite est désormais un enjeu important pour les 25-34 ans (22% en 2025 vs 8% en 2021). 89% des épargnants interrogés de moins de 35 ans sont convaincus, dans le contexte actuel, qu’ils devront consacrer leur épargne à la préparation de leur retraite.

La dépendance s’impose pour les plus de 65 ans (35%).

Cette tendance d’allocation se reflète au niveau des conseillers dont 70 % constatent une hausse des actifs consacrés à des objectifs retraite sur 3 ans.

Les conseillers utilisent désormais largement l’outil dans le cadre des allocations retraite (assurance-vie : 92% et PERin : 76%).

60% des conseillers déclarent apporter leurs conseils dans le cadre d’objectifs retraite pour au moins 10% des encours confiés. Pour les conseillers dont les encours confiés sont supérieurs à 150 M€ : près de 40 % d’entre eux consacrent au moins 25 % de leur activité à la retraite.

 

Capital-investissement : une classe d’actifs jugée particulièrement bien adaptée à l’épargne longue

Le capital investissement est désormais incontournable, associé à l’horizon de placement et à l’appétence au risque. Déjà 40 % des épargnants considèrent que le capital-investissement constitue une réponse adaptée à l’épargne longue dans le cadre de la préparation à la retraite. Les deux raisons invoquées sont la diversification et le potentiel de rendement.

Cette prise de conscience d’une responsabilisation individuelle et du besoin de constituer une épargne de long terme fait logiquement évoluer les choix d’allocation.

La perception varie fortement selon les générations. Là aussi les jeunes se distinguent :

16% des épargnants déclarent utiliser l’enveloppe du PER pour leur retraite (encore derrière toutefois les livrets d’épargne et l’assurance–vie).

Parmi les épargnants de moins de 35 ans, 32% déclarent déjà détenir du capital-investissement, soit le double de la moyenne constatée pour l’ensemble des épargnants toute classe d’âge confondue.

L’appétence chez les moins de 35 ans est en outre élevée : 22 % envisagent d’investir en capital-investissement vs 13% pour l’ensemble des épargnants.

Les moins de 35 ans voient dans le capital-investissement un support particulièrement adapté à l’épargne longue en vue de la retraite (65 % vs 30% pour les plus de 50 ans).

Globalement, déjà 35% des épargnants souhaitent privilégier l’investissement en capital-investissement dans le cadre de leur gestion libre sur un horizon long terme, en privilégiant les univers d’investissements :

Au sein de la classe d’actifs, le développement des fonds evergreen suscite une opinion globalement positive (50 %), avec un enthousiasme marqué chez les moins de 35 ans (73 %).

Le produit est perçu comme particulièrement adapté à l’épargne longue par 72 % des épargnants souhaitant préparer leur retraite, 77 % des détenteurs de capital-investissement et 74 % de ceux qui envisagent d’en détenir.

Les conseillers sont le relais de confiance clé pour les épargnants en attente de personnalisation et de pédagogie

Les modes d’accompagnement plébiscités par les épargnants confirment que les conseillers ont un rôle central à jouer et c’est encore plus vrai chez les jeunes.

63% des épargnants souhaitent un rendez-vous personnalisé avec un conseiller pour être accompagnés sur les investissements à sélectionner pour leur épargne destinée à la retraite, un pourcentage qui atteint 74 % pour les moins de 35 ans.

En revanche, les réseaux sociaux et les influenceurs apparaissent comme des sources d’information secondaires, occupant les dernières places du classement en matière de confiance ou d’utilisation.

Les conseillers restent des acteurs essentiels dans la distribution du capital-investissement auprès des clients privés mais les détenteurs ont une utilisation croissante des plateformes d’assurance (36 % vs 26 %), et un recours accru aux marketplaces spécialisées, (19 % vs 12 %). C’est le cas également chez les moins de 35 ans (21 %).

Même si 82% des conseillers se sentent à l’aise pour recommander des produits de capital-investissement, plus de 60% d’entre eux expriment un fort intérêt pour des actions de formation « continue » sur le capital investissement, et ce quelle que soit la taille des encours qui leurs sont confiés.

 

Depuis la loi industrie verte

Bien que récente, la disposition de la loi industrie verte facilitant l’allocation en capital investissement à travers les UC de l’assurance-vie et le PER a donc bien été identifiée par 30 % des épargnants, avec un niveau de visibilité encore meilleur chez les moins de 35 ans (53 %) ainsi que chez les détenteurs de capital-investissement (74 %) et les futurs détenteurs (45 %). Près de la moitié des épargnants (47 %) qui souhaitent affecter une partie de leur épargne à la retraite sont aussi informés de cette mesure.