Le récent conflit avec l'Iran a ravivé la volatilité sur les marchés mondiaux. Voici les scénarios possibles ainsi que leurs implications pour les portefeuilles, sur les différentes classes d'actifs.
Points clésPétrole : le scénario central table sur une prime géopolitique élevée, avec le Brent évoluant entre 80 et 95 dollars, tandis que le cours du WTI reste plus contenu grâce au statut d’exportateur des États‑Unis et à la flexibilité de leur production domestique. En cas d’escalade, le Brent dépasserait 100 dollars, avec un écart Brent–WTI qui se creuse.
Actions : malgré une volatilité accrue et une revalorisation à la baisse des actifs risqués à court terme, notre scénario central reste constructif pour les actions mondiales, sauf en cas de perturbation durable et structurelle des approvisionnements énergétiques.
Obligations : une réaction classique de flight to quality devrait soutenir les dettes souveraines bien notées. Certaines devises asiatiques de haute qualité pourraient se stabiliser puis se redresser après le choc initial. L’écartement des spreads devrait créer des opportunités d’achat sélectives, notamment sur le crédit de haute qualité.
Analyse macroéconomique — Peiqian Liu, économiste Asie
Malgré la mort du Guide suprême Ali Khamenei, les événements actuels ne constituent pas un renversement de régime comme au Venezuela, ou même un démantèlement plus étendu de l’architecture de commandement de l’État, face à une gouvernance iranienne institutionnalisée. La question clé : qui deviendra le prochain Guide suprême ?
La nomination d’un nouveau dirigeant ultraconservateur augmenterait le risque de scénarios extrêmes, comme une prolongation du conflit ou une guérilla durable dans la région. Nous attribuons une probabilité faible à ce scénario, car tous les acteurs majeurs, y compris la Chine, ont intérêt à éviter une perturbation durable du détroit d’Ormuz, de même que les impératifs de survie du régime iranien lui-même.
Un facteur clé : la capacité de l’Iran à mener une riposte prolongée. À ce stade, la marine iranienne n’a pas encore été utilisée, alors qu’elle dispose de plus de 30 navires et de la capacité de bloquer ou de miner le détroit.
L’évolution des prix du pétrole servira de baromètre à l’appréciation de la situation par les marchés. Nous envisageons actuellement une évolution telle que décrite dans les scénarios 1 et 2 ci-dessous, avec une probabilité croissante pour le second. Les crises au Moyen‑Orient sont souvent épisodiques et il existe des mécanismes potentiels de stabilisation, d’autant plus que le déploiement de troupes américaines au sol n’est pas une option. L’administration Trump opère sous des contraintes de temps, et l’élimination de Khamenei constitue un point de victoire tangible. Historiquement, l’Iran tend à rechercher une voie de désescalade dès que l’occasion se présente.
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Par Salman Ahmed / Niamh Brodie-Machura / Marion Le Morhedec / Matthew Quaife
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