Nous évoluons toujours dans une phase de fin de cycle, qui offre souvent un environnement favorable aux actifs risqués, malgré une volatilité potentiellement plus élevée. Nous conservons un biais en faveur du risque via une surpondération des actions. L’économie américaine est dans une période de reflation et le thème de l’exceptionnalisme américain devrait perdurer, sous l’effet des anticipations de déréglementation et de baisses d’impôts.
Le principal risque entourant cette opinion positive est la possibilité d’un retour de l’inflation, qui entraînerait un resserrement des conditions financières, soit en raison de la politique de la Réserve fédérale, soit via le dollar américain. Les valorisations constituent un frein pour les grandes capitalisations et le crédit, ce qui est particulièrement visible pour les obligations investment grade. De plus, nous sommes conscients que nos perspectives positives sur les actions en général, et le marché américain en particulier font désormais consensus. Cela augmente le potentiel de volatilité notamment si les attentes élevées ne sont pas satisfaites, comme en témoigne la réaction du marché lors de l’annonce d’un nouveau modèle d’IA par la start-up chinoise DeepSeek.
Même si nous pensons toujours que notre appétence pour le risque est légitime, nous avons toutefois intégré des protections à nos portefeuilles quand cela se justifiait. Au sein des actions, nous restons prudents à l’égard du Royaume-Uni et de l’Asie hors Japon. Nous sommes neutres vis-à-vis des marchés émergents et du Japon. Bien que nous continuions à sous-pondérer les actions européennes, nous sommes conscients qu’il existe des catalyseurs potentiels de surperformance dans cette région.
Nous restons neutres en matière de duration. Les valorisations redeviennent attractives, mais compte tenu des risques inflationnistes et de la corrélation instable avec les actions, nous ne sommes pas encore optimistes. Sur le segment du crédit, nous continuons à privilégier les titres plus risqués à la faveur de fondamentaux macroéconomiques favorables, même si les valorisations sont élevées sur tout le spectre du crédit.
Sur le marché des changes, nous maintenons notre préférence pour le dollar américain en raison de la hausse des perspectives de croissance et d’inflation aux États-Unis et de la possibilité de droits de douane. Nous apprécions également le yen japonais compte tenu de valorisations extrêmement bon marché et d’une BOJ relativement restrictive. Cette combinaison de devises devrait offrir une protection contre les baisses des marchés. Concernant les matières premières, les justifications structurelles de s’exposer à l’or ne manquent pas, notamment les préoccupations à moyen terme concernant la viabilité des finances publiques et la dynamique créée par les réserves de métal jaune accumulées par les banques centrales mondiales.
L’attention du marché oscillera entre la peur des disruptions et l’optimisme suscité par la déréglementation Qu’est-ce qui a changé ?Les premières décisions de Donald Trump : Le président Trump a promulgué une série de décrets dès le premier jour de son mandat. Le plus grand changement politique réside à ce jour dans un durcissement à l’égard de l’immigration. Cette nouvelle posture pourrait bien s’avérer inflationniste à court terme, car une main-d’œuvre réduite pousse les salaires à la hausse. Les premières mesures prises en matière de commerce ont dominé l’actualité et entraîné une série de mouvement sur les marchés, sans que l’on sache clairement à ce stade ce qu’il en sera des orientations à long terme.
Qu’est-ce qui n’a pas changé ?Préférence pour les actions américaines : Nous pensons que l’exceptionnalisme américain devrait perdurer, grâce aux prochaines mesures de déréglementation et à une politique budgétaire plus souple.
Risque géopolitique élevé : Nous sommes de retour dans un monde caractérisé par un fort risque événementiel (headline risk), en particulier via les réseaux sociaux. Le risque de guerre commerciale a augmenté, tout comme la probabilité d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine.
Que surveillons-nous ?Les politiques de Donald Trump : La manière dont Donald Trump mettra en œuvre son programme au cours des prochains mois sera cruciale pour les marchés et la politique de la Fed. De nombreuses incertitudes entourent encore les droits de douane et la future politique budgétaire.
Mesures de relance en Chine : Les autorités ont clairement décidé de soutenir la croissance, mais les mesures prises jusqu’à présent n’ont pas encore amélioré les perspectives pour 2025. La réaction de la Chine aux droits de douane américains sera primordiale.
Thèmes macroéconomiques mondiauxUne croissance mondiale résiliente
Les risques géopolitiques demeurent élevés
Le reflux de l’inflation est inégal et fragile
La corrélation obligations-actions est instable
Difficultés structurelles en Europe
De nouvelles mesures de relance en Chine
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