Les annonces d’investissements astronomiques dans l'intelligence artificielle (IA) ont dominé l'année 2025, faisant planer le spectre d'une bulle spéculative sur le secteur technologique. Pourtant, notre analyse nuance ce risque alors que les perspectives restent constructives pour les géants de l'infrastructure numérique et les fournisseurs de semi-conducteurs. La clé pour les investisseurs restera la sélectivité, en privilégiant la solidité financière et les opportunités de croissance réalistes aux simples effets d'annonce.
L’année 2025 aura été marquée par de multiples rebondissements du secteur technologique, tout particulièrement sur la thématique de l’Intelligence Artificielle (IA). Dès janvier, l’annonce de l’introduction d’un modèle d’IA chinois à bas coûts, DeepSeek, a bouleversé l’écosystème occidental, soulevant des questions sur le réel retour sur investissements réalisé par les hyperscalers (grandes sociétés du Cloud). Alors que le marché a d’abord accueilli cette nouvelle négativement, l’effet DeepSeek n’aura été que de courte durée.
Son arrivée aura finalement été un catalyseur positif pour la thématique de l’IA, à l’image du paradoxe de Jevons : des coûts de développement plus bas augmenteront naturellement l’adoption de l’IA à terme, comme ce fut le cas à la fin du XIXe siècle, quand l’introduction d’une machine à vapeur plus économe en charbon a paradoxalement décuplé la consommation de ce dernier en entraînant l’adoption généralisée de telles machines.
Cette crainte de courte durée n’aura ainsi pas remis en cause la trajectoire haussière des attentes de dépenses en capitaux fixes de la part des hyperscalers, ces derniers semblant davantage préoccupés par la perspective de perdre du terrain face à la concurrence que par l'objectif d’un retour sur investissement à court terme. À ce titre, alors que le consensus de marché tablait en 2024 sur des prévisions de dépenses de capitaux fixes par les géants du Cloud entre 2025 et 2027 de l’ordre de 620 milliards de dollars (soit 12% de leurs revenus attendus sur la période), les attentes sont désormais passées à 1 700 milliards de dollars, pour près de 30% des revenus attendus.
Graphique 1 — Dépenses attendues par an en capitaux fixes par hyperscaler, et en relatif aux flux de trésorerie opérationnels (période 2020 – 2032e)Montant en milliards de dollars *OCF : flux de trésorerie opérationnels
Sources : Edmond de Rothschild, Bloomberg.
Anthony Toupin, Senior Research Analyst - Global Investment Research
Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez ICI.
Pour accéder au site, cliquez ICI.
