Compétences

De l’Evergreen aux solutions défiscalisantes

01/02/2025 - source : Investissement Conseils

Acteur historique sur le marché des conseils en gestion de patrimoine, Eurazeo se distingue par un fonds Evergreen au long track-record. Alors qu’une seconde solution éligible à l’assurance-vie est en cours de conception, la société de gestion propose également un fonds éligible au remploi et un feeder sur une stratégie de secondaire. Entretien avec Luc Maruenda, Partner en charge de l’activité Wealth Solutions d’Eurazeo. 

De lEvergreen aux solutions défiscalisantesInvestissement Conseils : Que représente pour vous le marché des CGP ?Luc Maruenda : Au sein de notre département Wealth qui compte huit personnes, notre activité auprès des cabinets de gestion de patrimoine est assez cruciale et historique, car elle représente environ un tiers des 4,8 milliards d’euros d’actifs sous gestion en provenance de clients particuliers. Nous collaborons, en effet, avec plus de cinq cents CGP pour lesquels nous avons construit notre propre plate-forme digitale regroupant l’onboarding, la rédaction des conventions de distribution, la souscription et le service clients. Sur les montants que nous collectons auprès de la clientèle privée, les CGP représentent 30 %, avec une progression constante d’environ 20 % chaque année ce qui vient valider notre forte présence sur le terrain. La majorité de cette collecte provient de l’assurance-vie, notamment via le fonds Evergreen Eurazeo Private Value Europe 3 qui a délivré de belles performances ces dernières années : + 7,5 % l’an passé, + 9 % en 2023, + 6,8 % en 2022 et +7,1 % en 2021. Gardons bien à l’esprit cependant que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.Pourriez-vous nous présenter ce produit phare de votre gamme ?Le FCPR Eurazeo Private Value Europe 3 (FR0013301553) compte près de 2,6 milliards d’euros d’encours. Il s’agit désormais d’un produit de place qui a été bien accueilli par le marché et qui est référencé sur la plupart des contrats d’assurance-vie distribués par les conseillers en gestion de patrimoine. Ce FCPR est une solution Evergreen, semi-liquide. dont les conditions de liquidités sont fixées par chaque assureur, qui affiche une performance annualisée supérieure à 7 % depuis sa création. Il est hybride, c’est-à-dire composé à hauteur de 60 % de dette privée et à 40 % de capital-investissement sur des stratégies de secondaire. Il investit en co-investissement avec notre programme institutionnel, ce qui renforce sa crédibilité. Au final, il adopte un positionnement assez défensif, puisqu’il est SRI 3 et son rendement est assez prédictif. Sur la poche Equity, le fonds se concentre sur le rachat de portefeuilles ou de positions sur des entreprises de tous secteurs de type lower mid-caps européennes sur des stratégies de Buy-out. Notre univers d’investissement est donc vaste. Le portefeuille investi en capital compte environ deux-cent-cinquante positions : 40 % en France, 20 % en Allemagne et le reste dans d’autres pays, comme l’Italie, le Benelux, l’Angleterre et les pays scandinaves. Cette politique nous permet d’avoir une bonne diversification et une belle visibilité sur des positions déjà initiées. En outre, les cycles d’investissement sont assez courts, cela est inhérent à la stratégie secondaire, puisque nous nous positionnons sur des investissements à mi-parcours de leur chemin. S’agissant de la poche de dette privée, celle-ci repose sur une stratégie d’Eurazeo qui compte 9 milliards d’euros d’encours. Ici, Eurazeo est le seul prêteur à des entreprises rentables et qui, généralement, disposent d’un fonds de Private Equity à leur capital en tant que majoritaire.Quelles autres solutions distribuez-vous via les cabinets de CGP ?Nous disposons également d’un fonds éligible au dispositif du 150-0 B ter, Eurazeo Entrepreneurs Club 3, qui sera lancé dans quelques semaines. Il s’agit d’un fonds dédié au co-investissement en Growth Equity et qui se positionne sur des sociétés technologiques européennes, domaine dans lequel nous appuyons sur une équipe disposant d’une solide expertise avec 4,7 milliards d’euros sous gestion. Il s’agit de la seule stratégie dédiée au remploi et qui est, avant tout, destinée aux investisseurs institutionnels. En effet, sur les 1,5 milliard d’euros levés, environ 150 à 200 millions d’euros sont destinés à la clientèle privée. L’objectif du fonds est de financer, via des tickets unitaires allant de 20 à 100 millions d’euros, une vingtaine de sociétés européennes en phase de développement, donc ayant passé la phase de venture-capital. Ces sociétés augmentent ainsi leur capital, alors qu’elles deviennent des entreprises de taille significative. A minima, 80 % des entreprises seront basées dans l’UE, et 20 % au maximum pourront provenir d’autres géographies, notamment Royaume Uni et USA. Par exemple dans le cadre de cette stratégie, nous avons pu contribuer au financement d’entreprises, telles que Doctolib, Back Market, Contentsquare ou encore Mistral AI. L’objectif de performance est de doubler le capital investi. Pour la clientèle professionnelle – à partir de 100 000 euros, avec appels de fonds successifs –, nous disposons également d’une SLP qui est un Feeder d’Eurazeo Secondary Fund 5 sur lequel nous levons 1,5 milliard d’euros. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un fonds de Private Equity qui investit, lui aussi, en secondaire. L’objectif est d’atteindre un TRI de 15 à 20 %, avec une durée d’investissement fixée entre sept et dix ans. S’agissant d’un fonds de secondaire, le portefeuille présente des rotations rapides avec de possibles distributions dès la deuxième année d’investissement. Par ailleurs, nous proposons également un FCPI qui investit sur des sociétés évoluant dans les secteurs de la technologie, l’environnement et la santé. Notre dernier millésime a clôturé en décembre dernier pour une trentaine de millions d’euros collectés.En 2025, quels sont vos projets pour la clientèle privée ?Nous travaillons actuellement sur un nouveau fonds au format Evergreen, qui répondra à la problématique des investissements durables et qui pourra regrouper différentes stratégies d’impact d’Eurazeo. Il devrait être lancé dans le courant du second semestre. Les investissements porteront sur des sujets à impact environnemental, notamment les infrastructures. Il s’agit, ici, de satisfaire une demande forte de la part de nos partenaires assureurs, poussés par la loi industrie verte à proposer ce type de fonds. Ainsi, nous disposerions de deux fonds Evergreen complémentaires : le premier, bien installé et à la performance stable, le second qui se positionne comme une offre alternative et répond au besoin des investisseurs de donner une orientation de leur épargne vers des solutions vertueuses.Justement, quelle est votre vision de la loi industrie verte ?C’est une bonne avancée pour notre industrie, car elle encourage toute la chaîne de distribution à davantage mettre en avant les marchés non cotés auxquels sont peu exposés les épargnants français. En effet, dès lors qu’on dispose d’un peu de patrimoine, il est, selon nous, nécessaire de le diversifier à hauteur de 5 à 15 % dans des actifs privés. Même si cette nouvelle disposition va générer des flux additionnels, je ne suis pas sûr que cela soit visible tout de suite car il existe beaucoup de latence et que la gestion pilotée ne représente finalement qu’un pourcentage faible des sommes investies au sein des contrats d’assurance-vie. Mais la collecte va croître de façon progressive. Nous avons donc de belles perspectives devant nous. A nous également d’animer nos partenaires distributeurs et à ouvrir de nouvelles relations. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir : par exemple, sur nos cinq cents partenaires conseillers en gestion de patrimoine, seuls 25 % d’entre eux sont très actifs sur le Private Equity.