Candriam - La relocalisation, un catalyseur pour l’industrie intelligente

28/05/2025 - source : Patrimoine 24

Les industriels mondiaux évoluent dans un environnement complexe, marqué par des droits de douane, des conflits commerciaux et de nouvelles alliances, des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, ainsi qu’une montée des tensions géopolitiques. Aux États-Unis, cela a déclenché une nouvelle ère de réindustrialisation axée sur le « Made in America », où la résilience des chaînes d'approvisionnement, l'efficacité et la technologie de pointe sont essentielles. En conséquence, les entreprises repensent leurs stratégies de production, ayant identifié des avantages à relocaliser leur production aux États-Unis. Cette tendance devrait générer des opportunités d'investissement intéressantes pour les investisseurs de long terme.

 

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Au cours des dernières décennies, les économies mondiales sont devenues de plus en plus interdépendantes à mesure que la mondialisation a transformé les systèmes de production nationaux. Selon les données de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), plus de la moitié des pièces composant les automobiles vendues aux États-Unis proviennent aujourd’hui de pays autres que les États-Unis ou le Canada [1]. La croissance de la demande intérieure a conduit les États-Unis à augmenter leurs importations, en particulier dans des catégories de produits telles que les hautes technologies. En 2024, les importations de biens manufacturés aux États-Unis ont atteint un pic.

Aujourd'hui, la tendance s'inverse ; les grands industriels américains réévaluent leurs stratégies et adoptent une approche plus régionale – rapatriant la production et leurs activités commerciales plus près de leur marché intérieur, dans un mouvement que l’on appelle la relocalisation (reshoring). Une étude récente de Capgemini [2] a révélé que près de 60 % des dirigeants d'entreprises américaines ont investi dans la relocalisation de proximité (nearshoring) ou dans une combinaison de reshoring et de nearshoring  - c’est-à-dire le transfert des opérations ou de la fabrication vers des pays frontaliers ou géographiquement proches - par exemple de la Chine vers le Mexique.

Quelles sont les raisons de ce mouvement ? Si la principale motivation est la maîtrise des coûts, les chefs d'entreprise mentionnent également la durabilité et les tensions géopolitiques comme principaux éléments déclencheurs - la récente montée des incertitudes ayant un impact notable sur les priorités des PDG [3].

L’opportunité d'investissement derrière le  « Made in America »

Ce mouvement n’est pas seulement stratégique, il est également important économiquement. Selon des estimations récentes du gouvernement américain, les investissements dans le reshoring, la fabrication de matériel de défense et les infrastructures pourraient injecter jusqu'à 450 milliards de dollars dans l'économie américaine au cours des cinq prochaines années [4] - générant une forte demande dans les secteurs industriels et technologiques.

Plus largement, les souhaits d'autonomie stratégique sont également à l’origine d’un soutien ciblé de la politique industrielle dans des domaines critiques tels que les semi-conducteurs, les terres rares et la sécurité énergétique - tous essentiels à la résilience nationale et au leadership technologique. Cela crée des opportunités tangibles pour les investisseurs.

Par exemple, le marché mondial des semi-conducteurs devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars d'ici 2030 (selon Gartner), alors que plus de 70 % des terres rares utilisées aux États-Unis sont actuellement importées de Chine [5] , ce qui souligne à la fois l'urgence et le potentiel de développement des capacités nationales. Alors que les gouvernements et les entreprises convergent autour de la résilience des chaînes d'approvisionnement, les secteurs industriel et technologique devraient bénéficier d'un cycle d’investissement pluriannuel soutenu par une forte dynamique.

 

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Par Ken Van Weyenberg, Head of Client Portfolio Management Fundamental Equity

Références : 

[1] Source : USA Today, analyse des rapports publiés par la National Highway Traffic Safety Administration. Pour tous les modèles assemblés et disponibles à la vente aux États-Unis, 47 % des pièces (en valeur) provenaient des États-Unis ou du Canada.[2] Source : Capgemini Research Institute, The resurgence of manufacturing, Reindustrialization strategies in Europe and the US - 2025.[3] Source : Kearney, 2025 Reshoring Index : The great reality check[4] Source : Estimation de la Maison Blanche, Modernizing defense acquisitions and spurring innovation in the defense industrial base, 9 avril 2025[5] Source : Statista, avril 2025

 

 

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À propos de Candriam

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Candriam est une société du groupe New York Life Investments. New York Life Investments se classe parmi les principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.