Novembre avait pourtant mal commencé. Les doutes concernant la trajectoire de la politique monétaire américaine, combinés aux interrogations sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA, dans un contexte de valorisations élevées, avaient pesé sur le moral des investisseurs. Finalement, les dernières données disponibles (hausse du chômage et destructions d’emplois dans l’enquête ADP) ainsi que le ton plus dovish de certains membres de la Fed, ont ravivé les anticipations d’une nouvelle baisse de taux en décembre. Les marchés actions ont rapidement intégré ce scénario, affichant un rebond en « V » pour clôturer le mois proche de l’équilibre.
Le contexte a été propice au tableau que nous dressions pour le mois de novembre. Les marchés restent vulnérables à des phases de consolidation, dans un contexte d’indicateurs techniques tendus. Mais ils demeurent également capables d’offrir des niveaux attractifs, portés par des fondamentaux toujours robustes. Chaque secousse a, jusqu’ici, offert un point d’entrée gagnant dans un marché toujours orienté à la hausse.
Les flux institutionnels reviennent progressivement, depuis l’été, sur les grands indices, traduisant la confiance de fond des investisseurs de long-terme. En arrière-plan, les opérateurs plus spéculatifs stabilisent et « rachètent leurs positions shorts ». Les particuliers continuent de prendre position sur les creux, jouant un rôle d’amortisseur.
Le marché obligataire des dettes d’entreprise a suivi une dynamique similaire. En revanche, les taux souverains ont été mis à l’épreuve et se redressent au fil du mois, avec une surperformance des pays périphériques.
Ce mouvement s’est amplifié début décembre, porté par l’annonce du nouveau plan de relance japonais, au moment même où la BoJ signalait sa volonté de sortir de sa politique monétaire ultra-accommodante. Les taux longs se tendent particulièrement. La différence de niveau entre le 10 ans et le 30 ans atteint 140 bp de pente, la plus significative du G7. Un tel changement de ton a exercé une pression sur l’ensemble des rendements obligataires internationaux. Le Japon, premier créancier mondial, étant potentiellement moins incité à poursuivre ses achats d’obligations étrangères. Nous conservons notre prudence sur les maturités longues et maintenons notre préférence pour la partie médiane de la courbe.
Du côté de la macroéconomie, les signaux restent bien orientés sur le Vieux Continent. Les dernières enquêtes d’activité PMI de novembre ressortent à leur plus haut niveau depuis trente mois, les ventes au détail surprennent positivement. Dans ce contexte, la BCE s’est montrée plus confiante, révisant à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation, anéantissant les espoirs d’un nouvel assouplissement monétaire.
Aux États-Unis, la fin du shutdown permet la reprise progressive des publications économiques. Les données liées au consommateur restent contrastées. La confiance des ménages mesurée par le Conference Board se dégrade en novembre, en partie sous l’effet du blocage budgétaire, et les ventes au détail de septembre progressent moins qu’attendu. À l’inverse, les chiffres publiés par MasterCard et Salesforce confirment une forte dynamique de consommation lors du Black Friday et du Cyber Monday, avec des dépenses en hausse de près de 5% par rapport à 2024. Cette dynamique illustre la résilience d’une économie américaine pourtant marquée par un moral des ménages fragile et par le poids de la guerre commerciale. Pour l’heure, la dégradation du marché de l’emploi constitue aujourd’hui la principale source d’inquiétude et a incité la Fed à réduire de nouveau ses taux directeurs en décembre.
Comme annoncé, nous avons mis à profit la faiblesse des marchés pour renforcer notre exposition aux actifs risqués, dans l’objectif de capter un éventuel rallye de fin d’année et de rester aligné avec notre vision stratégique, soutenue par des fondamentaux que nous considérons toujours solides. Pour le mois de décembre, nous maintenons nos allocations inchangées et procéderons à une réallocation plus approfondie de notre positionnement à l’issue de l’élaboration de notre scénario pour 2026.
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